Dans la poche ou le portefeuille il y avait des visages. Pas ceux de rois (même si on en à eu !) ou de généraux, mais ceux de savants. Avant l’euro, le franc a rendu hommage à plusieurs grands noms de la science. Retour sur ces billets où les laboratoires côtoyaient les tiroirs-caisses.
Pascal, le génie précoce (500 francs)
Blaise Pascal (1623-1662) a eu les honneurs du billet de 500 francs à partir de 1968. Le choix s’imposait presque : mathématicien, physicien, inventeur et philosophe, il a posé les bases du calcul des probabilités, étudié la pression des fluides et conçu à 19 ans la « Pascaline », l’une des premières machines à calculer. Un billet de forte valeur pour un homme qui a fait gagner un temps précieux aux comptables : l’ironie est jolie.

Pasteur, de la microbiologie au porte-monnaie (5 francs)

Louis Pasteur (1822-1895) a figuré sur le billet de 5 francs des années 1960. Sa carrière a transformé la médecine et l’industrie : travaux sur la fermentation, réfutation de la génération spontanée, défense de la théorie des germes, vaccin contre la rage en 1885. Le billet est resté en circulation peu de temps, la pièce ayant pris le relais pour cette valeur, mais son nom reste attaché à un geste du quotidien : la pasteurisation.
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Pierre et Marie Curie, le couple du 500 francs

Dernier grand hommage scientifique avant l’euro : le billet de 500 francs des années 1990 réunit Pierre et Marie Curie. C’est un portrait de couple, ce qui est rare sur un billet. Ensemble, ils découvrent le polonium et le radium en 1898 et partagent en 1903 le prix Nobel de physique avec Henri Becquerel. Marie Curie obtiendra seule un second Nobel, de chimie, en 1911, ce qui fait d’elle l’une des rares personnes à avoir été récompensée dans deux disciplines scientifiques différentes.

Et l’euro dans tout ça ?
Lorsque le franc a laissé la place à l’euro en 2002, la tradition des portraits s’est arrêtée. Les billets en euros ont délibérément choisi des ponts, des fenêtres et des portes imaginaires, pour ne favoriser aucun pays. On ne croise donc plus de savants dans nos portefeuilles. Les anciens billets, eux, ont été échangeables à la Banque de France jusqu’en février 2012, puis sont devenus des objets de collection.
L'avenir nous dira selon les votes mais les prochains euros pourraient voir les portraits revenir et dans ceux la Marie curie et Leonard de Vinci ! La science reviendrait donc en force dans la numismatique.
Pourquoi c’est important
Mettre un scientifique sur un billet, c’est dire quelque chose d’une société : ce qu’elle admire, ce qu’elle veut transmettre. Pour la France, il s’agissait de rappeler que le progrès vient autant du laboratoire que du champ de bataille. Un billet passe de main en main des milliers de fois : en son temps, c’était sans doute la forme de vulgarisation scientifique la plus largement distribuée.
Article écrit par Thomas Pelissero le 12/10/2026